CHAPITRE 1.

Par JLN :: 15/01/2007 à 6:28 :: Un bon flic premiers chapitres

St Etienne, 25 avril 2002.

 

"Le Pen t’es foutu, la jeunesse est dans la rue… "
Charlie Barébian, à l’instar de ses potes de lycée reprenait en cœur.
"Le Pen, t’es foutu, la jeunesse est dans la rue !"

 

Le soleil n’avait même pas fait l’effort d’accompagner la jeunesse dans la Grande rue. Le Pen n’avait pas fait l’effort de ne pas être pré­sent au deuxième tour des élections présidentielles. Le père de Charlie n’avait pas fait l’effort de ne pas voter pour lui. Malgré tout ça, à l'instar de ses potes de lycée, il reprenait en cœur les chants et les exhortations vilipendant le leader du Front National. Il était hors de question que l’Elysée tombe aux mains des frontistes. Charlie ne savait pas trop pourquoi, sa conscience politique manquait encore un peu de consistance. À bientôt dix-huit ans, il ne s’était jamais posé trop de questions. Tous les mêmes, avait-il pensé jusque-là. Il avait à peine dix ans lors du précédent duel Chirac Jospin, et il n’avait pas trop compris l’utilité des suffrages qui s’étaient succédés par la suite. Mais là, le 22 avril au matin, il lui avait semblé saisir la gravité de la situation.

Le lycée s’était paré de banderoles, des leaders s’étaient dégagés de la masse, les profs semblaient ne pas vouloir s’opposer au mouvement qui montait. Tant pis pour les cours qui sauteraient inévitablement. De toute façon, les cours, c’était comme la politique. Charlie n’avait jamais réellement compris à quoi ça servait. Depuis trois jours, il battait le pavé stéphanois, dans une ambiance bon enfant. Djumbés et sifflets rythmaient le cortège. Quelques CRS placides observaient ce qu’ils de­vaient considérer comme un troupeau de désœuvrés.

 

« Le Pen, t’es foutu… »

 

Charlie, qu’est-ce que tu fous là ?  

Charlie chercha du regard l’auteur de l’interpellation. Il aperçut le fils de ses voisins, qui tentait une percée dans la foule pour le rattraper.

Ton père t’a laissé venir ? demanda le jeune homme, essoufflé, une fois qu’il l’eût rejoint.

Ben… Il ne sait pas que je suis ici…

Ah ouais, ça m’aurait étonné aussi… Ça le fait bien, en tous les cas, y a de plus en plus de monde, tu trouves pas ?

C’est sûr, c’est important quand même…

Ah… parce que tu y crois toi, qu’on va changer quelque chose ?

Ben, pourquoi pas ? En tous les cas, peut-être que la prochaine fois, les…

— Arrête ton baratin s’il te plaît ! Tu me fais penser à Léon…

     Léon ?

— Le mec qui braille dans le haut-parleur. Il est dans ma classe. Son père fait de la politique, et il a envie de prendre le même chemin, j'ai l'impression. J'sais pas si c'est à cause de ça, mais ce mec a toutes les filles qu'il veut… Il s'est même fait tatouer les trois points sur le cou…

— Je ne vois pas le rapport. C'est quoi cette histoire de points ?

— Et oh, tu viens d'où, toi ? LES trois points : Mort. Aux. Vaches. Tu piges ? L'anarchie, ni dieu ni maître… Et dis, c'est pas Ju­liette là-bas ? Je file. Peut-être à tout à l'heure !

 

Charlie regarda le fils du voisin remonter la foule des lycéens à contresens. Les trois points. Ni dieu ni maître…  Il porta instinctive­ment la main à son cou, et se mit à accélérer, se frayant un passage parmi les manifestants. Au bout de quelques minutes de cette gym­nastique, il se retrouva non loin de la tête du cortège. Il avait déjà aper­çu celui qui hurlait dans le porte-voix. Un élève de première, peut être. Il n'y avait jamais vraiment fait attention jusque-là. Les lèvres collées à l'engin, il enchaînait les diatribes à l'encontre du candidat du Front national. Il ne manquait pas de verve, et, peu à peu, Charlie se sentait convaincu par les mots et l'énergie du jeune homme. Quelques mètres encore, et il s'était porté à son niveau. Il pouvait voir les veines de son cou qui enflaient. Leurs yeux se croisèrent un instant. Ne sachant trop que faire, Charlie entonna à nouveau : "Le Pen, t'es foutu…" Les trois points sur le cou bougeaient en rythme, et Charlie ne put s'empêcher de sourire. Autant de "Mort aux vaches" sur le cou de ce Léon que de dents dans la bouche d'une poule… Il ralentit le pas, se laissant envelopper par la foule. Il porta à nouveau la main à son propre cou, y palpa les trois petits points qui le complexaient depuis l'enfance. Trois grains de beauté…

"Le Pen t'es foutu, la jeunesse est dans la rue…"

Le reste de la journée ne fut qu'une succession de petits faits anec­dotiques. Mais pour Charlie Barébian, cette fin d'après-midi et la soirée qui devait suivre furent vécues avec une intensité particulière. La rencontre avec ce Léon, c'était un peu… comme s'il venait de découvrir une étoile. Il est de ces étoiles, comme ça, qui ont toujours été là, mais dont on ne se préoccupe pas. Et puis, une nuit, sans savoir pourquoi, on ne voit plus qu'elle… Et on décide d'aller l'attraper.

Après la manif, Charlie avait traîné en ville un moment. Puis il s'é­tait rendu au bistrot avec les copains de classe qui avaient fait sécher les cours. Il avait bu des "Monaco", joué au baby-foot. Il contemplait son verre vide, lorsque le fils des voisins le tira soudainement de la torpeur dans laquelle il semblait s'enfoncer.

 

    Eh, Charlie, tu penses à quoi ?

 

            Charlie le regarda un moment avant de répondre. Il se rendit compte qu'ils n'étaient plus que trois dans la salle, en plus du patron du bar. Quelques instants auparavant, la salle fourmillait de lycéens en mal de révolution. Il ne restait plus que Ludo, le fils des voisins, Juliette et lui. Les trois seuls à vouloir prolonger cet instant.

 

— Je pense à Léon…

— Léon ?

     Celui avec le haut parleur.

     Ah oui ? Et alors ?

— Alors, c'est pas un tatouage, qu'il a au cou. Mais des grains de beauté…

     Tu parles d'une affaire !

 

            Juliette se mit à glousser, tout en regardant Ludo d'un air énamou­ré.  Ludo se saisit prestement de sa main, et s'apprêtait à l'embrasser lorsque Charlie reprit, comme s'il parlait à lui-même :

 

— J'ai les trois mêmes grains de beauté, au même endroit. Ce n'est pas normal…

 

            Puis, constatant que les deux autres ne l'écoutaient pas vraiment, il se lança :

 

— Je me demande si on ne serait pas de la même famille… Si on ne serait pas frères, par exemple…

— Qu'est-ce que tu racontes ? N'importe quoi ! lança Juliette sou­dainement intéressée par la conversation. Les grains de beauté et la génétique ce n'est pas clair clair, d'après ce que j'ai compris en cours de bio. Il semblerait même, au contraire, que deux ju­meaux ne peuvent avoir des grains de beauté au même endroit…

— Je n'ai pas dit qu'on était jumeaux, reprit Charlie. Et puis, il n'y a pas que ça… Je ne me suis jamais entendu avec mon père, je n'ai jamais connu ma mère… Je me pose des questions, quoi…

— Admettons, pour les grains de beauté, intervint Ludo. Tu expli­querais comment que vous puissiez être frangins ? Tu ne connaissais même pas Léon avant que je te le présente… Tu penses que ta mère et le père de Léon….

— Je ne pense rien. Oh, et puis, vous avez raison, c'est sûrement un pur hasard… Bon, moi, il faut que j'y aille. À demain. Vous savez s'il y a cours ?

 

Charlie avait retardé le moment de retrouver son père, en choisis­sant de rentrer chez lui à pied. Une bonne heure en partant du centre-ville. Il était partagé entre l'envie de l'affronter, de le provoquer, et celle de l'éviter. Mais lorsqu'il eut franchi le portillon qui donnait accès à la propriété familiale, il le croisa. Nikos Barébian s'apprêtait à partir.

 

— C'est à cette heure-là que tu rentres, toi ? Ça a été les cours ? Bon, je dois filer, j'ai invité deux trois personnes au match de ce soir. Y a ce qu'il faut au frigo.

 

Nikos Barébian louait une loge à l'année à Geoffroy Guichard, et il avait coutume d'y inviter ses clients potentiels.  Charlie l'y avait ac­compagné une fois. Une fois seulement. Les blagues de mauvais goût n'étaient jamais loin. Si son père et ses invités ne poussaient pas des cris de singe lorsqu'un joueur de couleur de l'équipe adverse touchait la balle, ce n'était sans doute dû qu'à un fragile verni culturel... Que la pre­mière intempérie un peu sérieuse n'aurait probablement pas de mal à faire céder…

Charlie se fit réchauffer un reste de pizza, puis resta un moment, sans rien faire, enfoncé dans un fauteuil. Il ne savait vraiment pas quoi faire. Juliette avait probablement raison, il se faisait des idées. Pourtant il savait, au plus profond de lui-même que quelque chose clochait. Il sortit sur la terrasse, et observa le ciel. Les étoiles brillaient avec une intensité particulière ce soir-là. Il décida de mener sa propre enquête, de chercher les liens qui pouvaient unir sa famille et celle de Léon.

 

*  *

*

 

Pendant plusieurs mois, Charlie se renseigna, fila Léon, repéra sa maison, identifia ses parents. Pas un article concernant la carrière poli­tique de son père ne lui échappait. Et le père de Léon, Victor Ougine, faisait souvent la Une des journaux locaux. Sa mère, par contre, était beaucoup plus discrète. Puis il entreprit de fouiller méthodiquement le bureau de son père, chaque fois qu'il était seul chez lui. Nikos travaillait souvent à domicile, et la paperasse ne manquait pas. C'est un soir de décembre, le vendredi 20, que Charlie trouva ce qu'il cherchait. Une vieille coupure de presse, jaunie par le temps. L'article constituait l'unique pièce d'un dossier intitulé "1984".  La mère de Charlie n'avait sans doute jamais rencontré le père de Léon. C'était beaucoup plus grave que ça. C'était même sans doute dégueulasse ce que son père avait pu faire, la nuit du 19 février 1984.

Nikos devait rentrer tard ce soir-là. Un repas d'affaire avec le di­recteur d'une grande surface lyonnaise. Charlie rassembla quelques af­faires dans un sac de sport, griffonna un mot qu'il laissa sur la table du salon, et sortit dans la nuit. Les étoiles brillaient avec une vigueur ex­ceptionnelle.

 

CHAPITRE 2.

Par JLN :: 15/01/2007 à 6:01 :: Un bon flic premiers chapitres

              Samedi 21 décembre 2002.

 

Bar  “le Kiev ”, St Etienne, 14H.

      

Le patron avait été très clair :         "Tu as carte blanche, mais cette histoire ne doit jamais remon­ter à la surface ! Tu sais de quoi je parle. Tiens-moi au courant. Et je te préviens, ça urge !"

 

Léon Farges avait senti une pointe d’excitation lui chatouiller le bas du dos. Jusque-là, son rôle de conseiller et d’homme de main en chef du Directeur de la BSG (Barébian Sécurité Gardiennage), en dehors des fonctions officielles pour lesquelles il était grasse­ment rétribué, ne lui avait que trop rarement fourni l’occasion d’as­souvir sa faim de prédateur urbain. Quelques passages à tabac de colleurs d’affiches, quelques mises au point lors d’attributions de marchés, un peu d’intimidation de temps à autre. Léon Farges fai­sait partie de ces hommes prêts à tout pour mener une mission à son terme. Personne ne l'avait jamais vu douter de quoi que ce soit. Dans son milieu, amis et ennemis ne l'appelaient par son véritable nom qu'en sa présence. Pour tout le monde, Léon Farges était "le Barge". Il n'ignorait pas ce sobriquet, et en retirait même une cer­taine fierté. Deux fois, il avait dû tuer. Sans d’ailleurs que la moindre émotion n’ait eu à traverser son cerveau programmé pour le mal. Des affaires banales, sans alternative ni planification préa­lable. Son machiavélisme quasi maladif n’avait pu y trouver son compte. Jusqu’alors, aucun défi intellectuel n’avait présenté suffi­samment de complexité pour lui résister au-delà du temps néces­saire à boire un verre au bistrot. Mais cette fois, Nikos Barébian semblait coincé, et lui, Léon Farges était bien le seul, comme lors de cette fameuse nuit, à pouvoir le tirer d’affaire. Dix-huit ans déjà qu’il avait forcé la main à celui qui deviendrait son  patron. Aujourd’hui, c’était Nikos qui était demandeur.

Il traversa la place de l’Hôtel de ville et s’engouffra dans un de ces cafés qui avait connu son heure de gloire et de prospérité en 1976, alors que les “Verts” faisaient vibrer l’Europe. Il faut dire qu’à cette époque-là, les Européens venaient en faire vibrer des verres, au “Kiev” ! Le nom était resté, l’ambiance avait changé, comme dans le reste de la ville. Mais Farges aimait cet endroit. Il y avait son poste de commandement, et y passait plusieurs fois par jour. Ce jour-là, pas question de s’installer en terrasse. L'hiver, qui avait eu du mal à trouver ses marques semblait enfin en mesure de prendre le dessus sur cet automne triste et humide, déjà phagocy­teur  de l’été précédent. Il s’installa bien au chaud, sur l’une des banquettes du fond. Sans qu’il n’ait besoin de commander, Ernest, le patron lui apporta son "PPP" : l'édition quotidienne du "Progrès", arrosée d'un Picon Pelforth.

Les nouvelles sportives expédiées,  - rien d’intéressant du côté des clubs de foot locaux-  Farges s’appesantit sur la page politique. La chance était avec lui, comme c’était souvent le cas quand il ren­contrait un problème. Un quart de page était consacré au  maire et conseiller général d’une cité de la périphérie stéphanoise, sous le titre : “Trop d’Ougine tue l’Usine !” Farges s’amusa à se répéter mentalement la phrase... Pas facile ! Après une lecture approfondie de l’article, il ne put réprimer ce qui chez lui faisait office  de sou­rire. Un imperceptible pincement de l’intérieur des lèvres  entre les incisives et l’esquisse d’un clignement de l’œil droit. Le fameux Vic­tor semblait bel et bien embarqué dans une affaire qui risquait  de lui coûter ses mandats, d’après le journaliste. Cet imbécile de gratte-papier était loin de se douter qu’il risquait d’y perdre bien plus encore... Une réunion publique se tenait le soir même. Farges y serait. Une photo, montrant l’élu paraphant un document de la main gauche, illustrait l’article. Tout cela proposait un sujet de réflexion supplémentaire  à l’exécuteur des basses oeuvres de la très honorable BSG.

Tout en téléphonant à Hermann Zeuter pour lui fixer un ren­dez-vous le soir même au “Kiev”, Farges se rendit compte que son activité cérébrale trouvait enfin un terrain de jeu digne de ce dont elle était capable. La machine était lancée, ça tournait très vite. Le rêve de l’exécution parfaite d’une tâche, l’enregistrement des dif­férents paramètres, la recherche de faits ensevelis au plus profond de sa mémoire, les formulations inconscientes d’hypothèses et l’imminence de l’action réussissaient à le transformer, physique­ment parlant. L’homme, d’aspect généralement austère et plutôt détaché de ce qui se passait autour de lui, semblait prendre soudai­nement la lumière. D’accessoire, il prenait une place centrale. Nul  ne pouvait, ne devait l’ignorer.

Il restait quelques heures pour peaufiner l’affaire, mais deux choses étaient désormais inscrites en lettres sanglantes dans son es­prit : une action d’envergure se mettait en place, et les trois coups étaient pour ce soir-là.

Quand il remonta dans son break Ford gris métallisé, seul un détail lui résistait encore.

 

Autoroute A 72,14 H 30.

 

J’étais comme un fou au volant de ma nouvelle acquisition. Cette petite 4L marchait du tonnerre de dieu. Comme avec les pré­cédentes, le compteur annonçait fièrement 120 kilomètres à l’heure sur cette partie descendante de la voie rapide reliant Andrézieux à St Etienne. Là même où avait été construite la première voie de chemin de fer en France. Il devenait de plus en plus difficile de dénicher ce genre de véhicule en état de marche, et pourtant, je ne me voyais pas au volant d’autre chose ! Pour lever le capot d’un tel engin, pas besoin d’être ingénieur en informatique, et, sur la neige, il n’y avait guère que la célèbre 2CV pour concurrencer ces braves Renault.

Bref, j’étais content, et attentif au moindre tressautement du moteur, ce qui, je dois le reconnaître, présente bien des avantages thérapeutiques... En effet, pendant ce temps, je ne pensais pas à autre chose, et pour moi, ça valait certainement mieux. Depuis que j’avais soufflé quarante bougies, un mois plus tôt, j’avais une cer­taine tendance à constater avec amertume que ma vie valait princi­palement par ce qui s’était déjà passé... Un bel avenir derrière soi en quelque sorte ! L’avenir, le vrai justement, ne s’annonçait pas réelle­ment exaltant. Le prochain achat de 4L, ce ne serait pas pour avant trois ou quatre ans, et d’ici là, il me faudrait bien trouver quelque chose pour m’occuper l’esprit.

La jeunesse, c’est la construction de la personnalité, ça prend pas mal la tête, et pas mal de temps. Ensuite, il faut se faire sa place dans la société, ou en dehors, d’ailleurs. C’est du boulot aussi. Ça aussi, ça occupe. Après, on a une dizaine d’années peinardes, qu’on passe à savourer ce qu’on a pu faire et à regretter ce qu’on a raté. En clair, on finit par s’enfermer dans le piège qu’on s’est fabriqué, tout seul comme un grand. Et me voilà, à quarante ans, sur une voie qui est censée être rapide... Pour ceux qui ne sont pas au vo­lant d’une ancêtre atteignant le 120 en pleine descente, après plu­sieurs kilomètres d’élan. À guetter le doux bruit des pistons ! C’est sûr que ça vaut mieux que de se demander quand la neurasthénie nous rattrapera. Si elle ne nous a pas encore rattrapés !

Mes potes avaient un peu de mal à accepter qu’un prof à mi-temps puisse faire de la dépression. Surtout ceux dont la profession n’était pas spécialement valorisée ou présentait des caractères de pénibilité indiscutables. Pour eux, ça se passerait mieux pour moi si je pouvais me dégotter une petite nénette sympa avec qui faire un bout de chemin. Je ne comptais plus les soirées organisées en douce pour me faire découvrir —"Oh quelle surprise,  tu  es       là !"— L’âme sœur. Je les appelais les hameçons. Avec liaison. Ou sans, d’ailleurs.

Pour moi, la question était définitivement réglée depuis la Fac. D’autant plus qu’on était parfois amenés à se croiser avec Alida Mi­ler. Ou plutôt Alida Ougine, depuis une quinzaine d’années mainte­nant.

À ce propos, il fallait que je me remue un peu, si je voulais être prêt pour la réunion publique organisée par Victor, conseiller général, mari d’Alida, ancien bon camarade, avec qui l'on ne s’est jamais ni vraiment fâché ni vraiment réconcilié. Cette réunion, c’é­tait à 20 heures à la Bourse du Travail de St Etienne.

Deux ou trois courses à faire, une bonne douche, et je serais prêt. Si je pouvais quand même, je regarderais aussi ce qui se passait du côté du réglage du carburateur. Problème de ralenti. Une voiture, c’est comme une vie, finalement : si ça n’avance pas, ça cale !

Jean-Louis Nogaro - Blog créé avec ZeBlog